Les secouristes de ZAKA à Haïti : « Nous profanons le Shabbat avec fierté »
17 Jan, 2010
Trois bénévoles de ZAKA sont à l’œuvre depuis quelques jours dans une école effondrée de Port-au-Prince. Excepté une brève pause vendredi soir pour goûter à de la Halla et au vin - en présence des représentants d'Egypte et du Quatar - ils ne prennent pas de répit et ont déjà extirpé des ruines des dizaines de victimes. "J'ai été témoin de dizaines d'attentats, mais ici c'est vraiment l'enfer" a raconté l'un des chefs d'équipe dans une interview à Ynet.
Difficile de trouver une meilleure raison de profaner le Shabbat : l’équipe de ZAKA en œuvre ces derniers jours dans les décombres de Port-au-Prince, a passé une fin de semaine peu habituelle en compagnie d’équipes de secours du monde entier, rassemblées dans la capitale dévastée de Haïti. Entre les amoncellements de cadavres et les tentatives désespérées de recherche de victimes, les secouristes ont trouvé le temps, en pleine nuit, de faire le Kiddouch.
« Il n'y a pas eu vraiment de Shabbat; mais vendredi soir, nous avons fait le Kiddouch avec les équipes du Mexique, d'Angleterre et d'Ecosse" a raconté Mati Goldstein, chef d'équipe à son interlocuteur de Ynet. "Après tout l'enfer que nous voyons dehors, même lorsque la situation est dramatique, le judaïsme nous enseigne, qu’il faut rassembler ses forces et continuer, pour sauver d’autres personnes ».
A ses dires, le travail commun des délégations humanitaires venues de plus de trente pays différents remédie aux fossés les plus profonds. « Il y a ici un campement extraordinaire, tout le monde est venu assister au Kiddouch, des hommes de sécurité jordaniens, l’équipe israélienne, des gens du Katar et d’Egypte, c’était incroyable ».
Dano Monkotovitch, bénévole de la mission ZAKA en Haiti pour Aroutz 2
"« Hevénou Shalom Aleichem » dans les ruines
Une équipe réduite de ZAKA comptant seulement trois personnes est à l'oeuvre depuis quelques jours sur l'emplacement d'une école dévastée de la capitale. "Vendredi nous avons participé au sauvetage de huit personnes, et hier nous avons pu en sauver encore deux. C’est le plus important », a expliqué Goldstein.
La Sainteté du Shabbat n'a pas constitué un obstacle pour les secouristes de ZAKA, qui ont continué leurs activités de secours pendant la fin de la semaine aussi. "Nous avons tout fait pour sauver des vies, même pendant Shabbat. On nous a demandé : "Que faites vous là? Il n'y a pas de Juifs! Mais nous sommes ici car la Thora nous ordonne de sauver la vie. Lorsqu'on entend une jeune fille de 17 ans hurler de douleur derrière un mur et que l'on arrive à lui faire parvenir un tuyau avec de l'eau, on profane le Shabbat avec fierté", a-t-il expliqué.
Les équipes de secours tentent de garder leur optimisme malgré le chaos régnant dans les rues et l’impuissance locale. « Hier, l’atmosphère était lourde au sein des équipes, car nous avons creusé et creusé, sans résultats » a raconté Goldstein. « Un des membres de l’équipe a essayé de remonter le moral, et nous avons commencé à chanter « Hévénou Shalom Aleichem », j’en avais les larmes aux yeux, c’était très émouvant".
L’équipe paramédicale de ZAKA devrait rester dans le pays quelques jours supplémentaires pour aider les équipes américaines – mais les membres de l’équipe sont très fiers de représenter Israël sur les lieux de la catastrophe. "Tout le monde attache beaucoup d'importance à l'aide apportée par l'Etat d'Israël" conclut Goldstein.