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Haïti : histoire vécue
20 Jan, 2010
Un groupe d'enfants âgés de 6 à 7 ans, les yeux remplis de désespoir, quémande de l'eau de la bouteille que je tiens à la main. Un frisson me secoue le corps, à cet instant je comprends ce que me racontait mon grand père survivant de l'Holocauste, ce que signifiait pour eux la moindre gorgée d'eau - Harale Klein membre de la délégation de Zaka en Haïti.

Préparatifs
Jeudi, dix heures du matin, un appel de Haïm Weingerten, commandant des opérations de Zaka : "Tu as été choisi pour faire partie de la délégation d'aide aux victimes du séisme de Haïti, il s'agit d'un évènement très dur à l'échelle du Tsunami, il faut des volontaires en bonne forme physique et mentale et ayant de l'expérience, j'ai besoin de ton accord et de celui de ta femme". En tant que bénévole vétéran de Zaka, je n'ai pas hésité une seule seconde, sans réfléchir j'ai donné une réponse positive en précisant bien entendu que je devais obtenir l'accord de ma femme.

L'accord de mon épouse
Je suis rentré chez moi, j'ai raconté à ma femme de quoi il s'agissait et lui ai demandé son accord. Sa réponse a été : "Ma tête dit non, mon coeur dit oui." Et j'ai reçu sa bénédiction pour partir.

Harale Klein à l'hôpital israélien d'Haïti

Vaccins et piqûres
Jeudi après midi, nous nous sommes tous retrouvés à la base de défense passive pour un briefing, recevoir des vaccins et des cachets contre différentes maladies susceptibles de se développer sur les lieux de la catastrophe et c'est là que j'ai compris ce qui nous attendait. Un léger doute m'a assailli à l'idée d'aller vers l'inconnu, puis le président de l'organisation Yehuda Meshi est passé entre tous les membres de la délégation pour nous encourager. C'était important.

Réflexions dans l'avion
14 heures de vol entre Israël et Haïti, c'était là l'occasion idéale pour faire connaissance avec les nouveaux membres de la délégation, appartenant tous à la défense passive, sauveteurs, médecins, membres de l'identification judiciaire de la police israélienne, etc. Des gens "bien", tous animés de la volonté d'aider, d'assister et de sauver.

L'atterrissage et le choc
Vendredi avant Shabbat, nous arrivons à l'aéroport en ruines de Haïti. Dès l'atterrissage, je comprends ce qui nous attend, des avions d'aide humanitaire venus du monde entier se posent les uns après les autres. Puis les bâtiments en ruine tout autour, je sens l'odeur pestilentielle des corps qui flotte dans les airs, cette odeur que nous, les bénévoles de Zaka, connaissons si bien mais que je n'avais jamais connue aussi forte.

Harale Klein à l'hôpital israélien de Haïti

Vendredi soir
Je me retrouve avec les membres de la délégation israélienne sur un terrain de basket, improvisé en quartier général, dans toute la confusion de cette journée tourmentée, un quorum de prière s'organise, le rabbin Shaul Offen passe à côté de l'arche, le commandant de la délégation, le brigadier général Shalom Ben Arié se joint à nous. Chaque mot de la prière prend un sens particulier dans ces lieux "Roi qui donne la mort et ressuscite". On a même pris soin d'emporter un Sefer Torah. Les conteneurs n'ont pas encore été déchargés et tout ce dont nous avons besoin pour célébrer le Shabbat est encore dans les caisses, nous n'avons que deux pains pour tout le Shabbat et on ne peut que rêver de poisson et de viande. Malgré tout, notre situation est meilleure que celle de l'autre équipe de Zaka arrivée de Mexico qui n'a pas tout cela. Elle doit se contenter de boîtes de conserve.

Construction de l'hôpital
Comme dans l'histoire du prophète Elie évoqué dans chants de fin de Shabbat "Nombreux sont les fils du royaume, ils ont accompli toutes les tâches, y compris la construction de belles tours comme l'ont indiqué les maçons". En une nuit, on a réussi à mettre sur pied un hôpital ultramoderne dans des conditions quasiment impossibles, c'est tout simplement incroyable.

Le travail commence
Mes amis bénévoles et moi sommes basés à l'hôpital en tant que personnel paramédical et responsables du "département des défunts". A peine le temps de respirer que déjà la rumeur s'est répandue et qu'une longue file d'autochtones commence à se profiler devant nous. Aucun mot ne peut décrire la douleur et la détresse que nous ressentons face à ce spectacle insupportable, des hommes femmes et enfants blessés, légèrement ou grièvement, aux membres amputés, ou organes pendants, faisant la queue dans un silence assourdissant, déchirant, sans pleurs ni cris, attendant leur tour pour se faire soigner.

Harale Klein à l'hôpital israélien de Haïti

Mes amis bénévoles et moi réunissons les membres amputés pour les enterrer, des bras, des jambes et autres organes, en quantité innombrable. Je sens qu'il faut que je refoule mes émotions et que je travaille comme un robot, mais ça ne marche pas longtemps, quand personne ne me voit, je sors de la tente et pleure toutes les larmes de mon corps sur toute cette douleur et ce chagrin qui frappent le peuple d'Haïti, cette insupportable impuissance que nous ressentons tous face à cette situation.

Des enfants de l'âge des miens
Dimanche, vers midi, un enfant de dix ans environ, de l'âge de mon fils, nous arrive. On vient de le sortir des ruines, il est entre la vie et la mort, sa mère l'accompagne, elle murmure quelques mots dans la langue locale, je ne comprends pas ce qu'elle dit. Mais ses yeux remplis de larmes en disent long. Une mère avec tout ce que ce mot implique, inquiète pour son enfant, m'implorant des yeux de sauver son fils de dix ans. Après avoir essayé vainement pendant une demi-heure de sauver l'enfant, j'ai la pénible tâche de lui annoncer que je n'ai pas réussi et que l'enfant est mort. Son cri de douleur est tel que les piquets de la tente en tremblent comme si un deuxième séisme les avait frappés. Incapable de poursuivre mon travail, je sors faire une pause.

Les relations et l'amitié entre les membres de la délégation
Comme tout bénévole de Zaka qui se respecte, j'ai l'habitude de recevoir la reconnaissance et les remerciements de mon peuple, religieux et laïcs confondus, qui nous dit "bravo", "votre travail est un véritable sacerdoce". Mais ce que cette équipe de Zaka fait ici dépasse l'entendement. Les hauts parleurs ne cessent de hurler "On demande Harale, de l'équipe de Zaka", "On demande Sami de l'équipe de Zaka". Depuis le simple soldat jusqu'au commandant de la délégation, tout le monde est conscient de l'importance du travail des bénévoles de Zaka et ne cesse de le louer. Des relations personnelles et amicales se sont tissées entre tous les membres de la délégation. Je me demande pourquoi il faut aller si loin pour prendre conscience de la bonté de notre peuple.

La vie côtoie la mort
Quatre heures du matin, lundi, une femme sur le point d'accoucher. Manque de chance, le bébé naît inanimé. La mort dans l'âme, nous essayons de retarder le moment de l'annoncer à la mère et c'est alors que l'incroyable se produit : le moniteur repart et l'enfant est vivant, mes émotions sont mises à rude épreuve.

Harale Klein à l'hôpital israélien d'Haïti

On pleure et on chante
On enterre un nombre incalculable de victimes dans la fosse commune. Le cerveau humain ne peut pas concevoir une telle quantité de cadavres en si peu de temps. En me penchant au dessus de l'une des fosses communes, je découvre un curieux spectacle, des familles sont là qui chantent une mélodie spéciale puis passent aux pleurs et reviennent à l'incantation, elles chantent, pleurent et chantent à nouveau, qui peut comprendre ?

Fuir l'intensité de la douleur
Je reçois un enfant de 4 ans accompagné de son frère âgé de seize ans. Ils sont les seuls survivants de leur famille ensevelie sous les ruines. Et ça recommence, une fois encore, je ne peux que déterminer la mort de cet enfant de 4 ans, lorsque je sors annoncer la nouvelle à son frère, son cri de douleur et son désespoir déchire l'air et traverse les montagnes, il refuse de prendre le corps de son frère.

Une file interminable
Nous soignons les nombreuses victimes qui arrivent à l'hôpital à un rythme d'enfer, comme des machines bien huilées, mais la file, loin de se terminer, semble sans cesse s'allonger et nous n'en voyons pas la fin. Mais comment pourrions nous nous arrêter de soigner tous ces gens qui implorent notre aide ?

Des enfants assoiffés
Mardi, je me tiens au dessus des ruines de l'hôtel Montana tentant de retrouver le disparu juif Alexandre Biton, homme d'affaires canadien âgé de 36 ans, qui séjournait dans l'hôtel lors du séisme. Je tiens une bouteille d'eau à la main. Un groupe d'enfants âgés de 6 à 7 ans m'observe, les yeux remplis de désespoir et me demande de l'eau. Mon corps est saisi d'un tremblement et je comprends tout à coup ce que mon grand-père, survivant de l'holocauste me racontait et l'importance que pouvait avoir la moindre gorgée d'eau aux yeux de ces hommes.

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17.05.2009 - Dimanche 17 mai Radiothon annuel sur Radio J dès 14h30 téléphonez au 01 74 900 600 et dites à l'occasion de Yom Yéroushalaïm : je donne pour ZAKA • 05.10.2008 - Soirée de Soutien à ZAKA dimanche 5 octobre 2008 à 19h30, Carré BW, 5 rue de Berri, Paris 8 - En présence du Grand Rabbin Gilles Bernheim - Réservez vos place au 01 74 900 600 ou par email • 05.10.2008 - Soirée de Soutien à ZAKA dimanche 5 octobre 2008 à 19h30, Carré BW, 5 rue de Berri, Paris 8 - En présence du Grand Rabbin Gilles Bernheim - Réservez vos place au 01 74 900 600 ou par email • 05.10.2008 - Soirée de Soutien à ZAKA dimanche 5 octobre 2008 à 19h30, Carré BW, 5 rue de Berri, Paris 8 - En présence du Grand Rabbin Gilles Bernheim - Réservez vos place au 01 74 900 600 ou par email•
 
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